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L’adultère par SMS…

Un arrêt rendu le 17 juin 2009 par la Cour de cassation met fin aux espoirs de tous les amants qui se pensaient protégés par le secret des SMS… La Cour de cassation vient d’admettre que ceux-ci peuvent être produits pour prouver l’adultère, et donc la faute, dans le cadre d’une procédure de divorce. Rappelant qu’en matière de divorce, « la preuve se fait par tous moyens » et « que le juge ne peut écarter des débats un élément de preuve que s’il a été obtenu par violence ou fraude« , la Cour de cassation casse l’arrêt d’appel qui avait refusé de tenir compte des « courriers électroniques adressés par le biais de téléphone portable sous la forme de courts messages », au motif « qu’ils relevaient de la confidentialité et du secret des correspondances et que la lecture de ces courriers à l’insu de leur destinataire constituait une atteinte grave à l’intimité de la personne ». En l’espèce, les SMS avaient été enregistrés sur le téléphone portable du mari, « trouvé » par son épouse, à l’appui d’une demande reconventionnelle en divorce pour faute. L’atteinte à la vie privée était incontestable puisque l’épouse avait utilisé les SMS reçus d’un tiers par son mari. Sans remettre en cause l’atteinte au droit à la vie privée que constitue l’utilisation en justice de ces SMS, la première chambre civile considère que les juges du fond ont violé les articles 259 du Code civil en ne constatant pas que les minimessages avaient été obtenus par violence ou fraude.

Cette décision vient opportunément rappeler que l’atteinte à la vie privée ne constitue pas, à elle seule, une limite à la preuve en matière de divorce; seule la violence ou la fraude, dûment démontrée, sont susceptibles de constituer un obstacle à la preuve dans ce domaine.